Épisode 21, le 4 décembre 1993. Des phalènes ou des lucioles.
Quelque part dans la jungle, le 4 décembre, environ vers 2h du matin. On m’a enlevé la cagoule et j’ai pu entrevoir une pièce d’au moins trois mètres carrés, avec ses murs et son toit construits en bâtons, des fibres de chanvre entrelacées avec des bambous. De la terre cuite du plancher s’élevait une table en bois qui montrait déjà les signes d’un long usage. Ma chaise, derrière, craquait au moindre mouvement. Une lampe Coleman pendait d’une poutrelle et projetait plus d’ombre que de lumière. Ils étaient plusieurs, en uniforme militaire et masqués. Ils sont sortis et je suis resté seul. Ils m’ont donné le temps d’organiser mes idées, de reconstruire les événements des dernières heures. La trahison de Dago — j’aurais préféré qu’il me pousse dans l’étang du Piracurú, cet après-midi à Morelia, et que ce poison biblique m’avale pour toujours. L’amitié de Rogelio, un ange gardien incapable de me sortir du pétrin, un Virgile à temps partiel à travers les...


